La confiance tient parfois à rien, surtout dans le sport de haut niveau. Pour le même prix, Wout van Aert aurait tranquillement remporté son sprint contre Neilson Powless dans le final d’A Travers la Flandre pour empocher sa première victoire de la saison et faire le plein de confiance avant ses deux grands objectifs de la saison : le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.
Mais, victime de crampes dans le final, il a finalement loupé le coche après avoir demandé à ses coéquipiers de jouer sa carte personnelle, alors qu’ils étaient dans une situation de 3 contre 1 face à l’Américain. Une erreur tactique qui coûte cher et dont il s’est excusé. « C’est de ma faute, je voulais à tout prix gagner, j’étais sûr de mon sprint. J’ai été égoïste », a confié Wout van Aert profondément affecté et justifiant pourquoi les coureurs Visma n’avaient pas attaqué Powless tour à tour pour le forcer à fournir des gros efforts.
Une défaite qui le plonge encore plus dans le doute
« Lorsque vous êtes à quatre en tête, dont trois de votre équipe, c’est que vous avez commis une erreur si vous ne gagnez pas. J’ai demandé à l’équipe de contrôler la finale et de m’amener jusqu’à la ligne. J’étais vraiment convaincu que j’allais gagner », a-t-il poursuivi. « Mais à ce moment-là, j’ai eu des crampes, Powless était plus frais que moi. Je voulais tellement cette victoire, surtout après toutes les critiques que j’ai reçues et la malchance que j’ai connue l’an dernier. Pour une fois, j’ai pensé à moi. C’est une énorme erreur. Ce n’est pas qui je suis. Je suis extrêmement déçu. »
Si cette décision qu’il qualifie d’« égoïste » ne lui ressemble effectivement pas, elle vient confirmer une évidence : Wout van Aert est en pleine crise de confiance après un début de saison très décevant. Le Belge est en plein doute et il avait plus que jamais besoin de cette victoire avant le Ronde dimanche. Mais cette deuxième place a plus que probablement l’effet inverse, en augmentant encore un petit peu plus les doutes autour de son état de forme, alors qu’il s’apprête à affronter deux monstres, en les personnes de Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar, qui arrivent eux au sommet de leur art. Même à 100 % et en confiance, la mission aurait semblé très compliquée pour le Campinois. Dans ces conditions, elle s’annonce quasiment impossible…